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La lutte contre les parasites gastro-intestinaux des chevaux

La lutte contre les parasites gastro-intestinaux des chevaux est basée sur deux points essentiels : le traitement et la prévention. En effet, lors de signes cliniques de parasitisme : gros ventre, poil piqué, diarrhée, perte d’état… ou de problème parasitaire avéré (gastérophiles visualisés dans l’estomac du cheval à l’endoscopie, nombreux œufs comptés dans les fécès lors d’une coproscopie ou vers adultes directement observés dans les crottins…), il faut bien sûr mettre en place un traitement efficace et approprié : un vermifuge choisi avec votre vétérinaire, adapté au cas de votre cheval. Cependant, vermifuger ne suffit pas, des mesures de luttes sanitaires très rigoureuses doivent également être instaurées afin que le cheval ne se réinfeste pas immédiatement et que ce problème de parasitisme soit géré de façon plus large pour toute l’écurie.

Les vermifuges disponibles sur le marché pour les chevaux sont nombreux et existent sous diverses formulations : pâtes, liquides, granulés, comprimés… Mais finalement assez peu de molécules sont utilisées, ce sont les mêmes qui reviennent sans cesse, sous différentes présentations. Elles se résument aux benzimidazoles (fenbendazole, mébendazole), aux lactones macrocycliques (ivermectine et moxidectine), au pyrantel et au praziquantel (qu’on utilise en particulier pour le traitement des ténias).

L’utilisation répétée de ces principes actifs a induit de graves phénomènes de résistances, constatés partout dans le monde ces dernières années. Il a été établi que les vers avaient progressivement développé des caractères leur permettant de survivre à des molécules auxquelles ils étaient préalablement sensibles. Il apparait donc de nos jours, avec l’avancée des connaissances et l’existence de populations parasitaires résistantes aux traitements, que les vermifugations ne doivent plus se faire systématiquement, comme un acte banal, négligé et irréfléchi, mais plutôt comme un acte à valoriser et à adapter au cas par cas. Ainsi, la « vermifugation raisonnée » associée à plusieurs principes de prévention permet de contrôler efficacement le parasitisme tout en limitant le risque d’apparition d’individus résistants.

On sait aujourd’hui que dans un effectif de chevaux adultes, 20% d’entre eux hébergent 80% des parasites. Le principe d’une vermifugation raisonnée est de traiter de façon ciblée ces chevaux fortement parasités car ils sont les principaux multiplicateurs et excréteurs de parasites. Les autres chevaux sont quant à eux estimés « à l’équilibre » et capables de réguler leur propre population parasitaire. La coproscopie, c‘est-à-dire l’examen microscopique des selles, permet de mettre en évidence la présence d’éléments parasitaires, d’identifier la ou les espèces présentes et de compter les œufs, révélant ainsi le niveau de parasitisme de l’animal. De cette façon, seuls les chevaux ayant un résultat coproscopique supérieur à 200 œufs par gramme de crottin feront l’objet d’une vermifugation.

Cependant, pour contrôler efficacement la population parasitaire tout en limitant le nombre de vermifuges administrés, la vermifugation raisonnée ne suffit pas, des principes d’hygiène doivent également être respectés. Dans les écuries, le curage des boxes doit être régulier, le nettoyage des mangeoires et des parois des boxes ne doit pas être négligé. Le ramassage des crottins, le plus souvent possible, dans toute la structure, est primordial car ils sont LA première source de contamination. En ce qui concerne les chevaux à l’extérieur, il faut éviter le surpâturage, favoriser la rotation des pâtures et entretenir les prairies. En effet, une partie du cycle parasitaire se réalisant dans l’environnement, ces mesures sanitaires vont avoir un grand impact dans la lutte contre le parasitisme.

Finalement, un protocole de suivi du parasitisme et un plan de vermifugation adapté pourront être proposés au cas par cas, en fonction des conditions d’entretien des chevaux. A titre d’exemple, on pourrait imaginer une vermifugation annuelle de tout l’effectif, idéalement en automne, et effectuer des contrôles coproscopiques réguliers et répétés, afin d’identifier et de traiter uniquement les chevaux forts excréteurs, permettant ainsi de maintenir la population parasitaire à un faible niveau dans la structure tout le reste de l’année. Mais ce principe n’est pas valable dans tous les cas. Les chevaux ayant un système immunitaire plus faibles (les poulains, les vieux chevaux, les juments gestantes, les chevaux atteints d’une maladie intercurrentes…) font mesure d’exception et il faudra y être particulièrement attentifs. Le protocole ne sera pas le même que ceux des adultes chevaux en bonne santé et le rythme de vermifugation sera forcément renforcé : les juments gestantes seront systématiquement vermifugées, en fonction des conditions sanitaires les jeunes chevaux seront traités environ 3 fois dans l’année et les poulains pourront être vermifugés à partir de l’âge de 2 mois et tous les 2 mois jusqu’à 6 mois,  surtout si la jument n’a pas été déparasitée avant le poulinage. Pour adapter votre protocole, demandez conseil à votre vétérinaire.


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